Chaque 19 novembre, la Journée mondiale des toilettes nous rappelle une réalité trop souvent ignorée : près de la moitié de la population mondiale n’a toujours pas accès à des toilettes sûres. Les conséquences sont lourdes, en particulier pour les femmes, les filles et les personnes déjà en situation de vulnérabilité.
Un enjeu mondial toujours urgent
Le mot d’ordre choisi cette année par la campagne ONU-Eau, « Nous aurons toujours besoin de toilettes », met en lumière un défi persistant : 3,4 milliards de personnes ne disposent pas encore de services d’assainissement fiables (OMS/UNICEF 2025).
Investir dans des infrastructures adaptées et résilientes est indispensable pour limiter la propagation des maladies, prévenir les violences, et faire face aux effets du changement climatique.
Ce qu’il faut savoir :
- La diminution des ressources en eau déstabilise les systèmes d’assainissement existants.
- La montée des eaux et l’intensification des catastrophes naturelles fragilisent ou détruisent les infrastructures (toilettes, égouts, stations de traitement).
- Certains procédés d’assainissement contribuent eux-mêmes aux émissions de gaz à effet de serre.
- 354 millions de personnes défèquent encore en plein air, exposant leurs communautés à des risques sanitaires graves.
- L’insalubrité et le manque d’hygiène sont responsables chaque jour de la mort de 000 enfants de moins de cinq ans (OMS, 2023).
L’accès aux toilettes : un droit fondamental, pas un luxe !
Disposer de sanitaires sûrs et adaptés constitue un droit essentiel. Lorsqu’il n’est pas respecté, ce sont les femmes, les filles et les personnes vivant avec un handicap qui en paient le prix : risques de violence, stigmatisation, abandon scolaire, perte de dignité.
Afin de garantir un accès équitable pour toutes et tous, il est essentiel de développer des infrastructures durables, résistant aux aléas climatiques et pensées pour répondre à la diversité des besoins.
L’hygiène menstruelle à l’école
Dans de nombreuses régions, l’absence de toilettes adaptées dans les écoles représente un obstacle majeur à l’éducation des filles.
Action Education travaille pour changer cette réalité en construisant des sanitaires séparés ou non mixtes, et en proposant une éducation à l’hygiène menstruelle. Ces actions permettent aux élèves de disposer d’un environnement sûr, de gérer leur cycle menstruel sans gêne ni danger, et de rester à l’école, même pendant leurs règles.
Selon l’UNESCO, 1 fille sur 10 en Afrique subsaharienne manque régulièrement l’école durant son cycle, ce qui peut représenter jusqu’à % d’absences sur une année. Un manque de soutien ou d’information, des sanitaires insalubres et l’absence de produits d’hygiène adaptés poussent même certaines élèves à abandonner.
« Quand j’ai mes règles, je manque souvent l’école. Les toilettes sont sales et loin, et j’ai peur d’être moquée si je me tache. Je préfère rester à la maison jusqu’à la fin de mes règles. » Témoignage d’une élève de CM2, Bénin
Le projet AGIR Bénin : former, sensibiliser, accompagner
Dans le cadre du projet AGIR, Action Education mène des actions structurantes dans 80 écoles des départements de l’Atacora et de l’Atlantique, avec un impact concret : plus de communication dans les familles, meilleure prise en charge des douleurs menstruelles, accès à l’eau dans les écoles, et baisse de l’absentéisme.
Chifffres clés :
- 880 filles accompagnées (CE2, CM1, CM2)
- 128 personnes ressources formées (enseignants, AME, vendeuses)
- 3 840 mères sensibilisées aux règles, à la santé et à l’hygiène
«&bnsp; ’école dispose maintenant d’eau, elle peut se laver avant de changer de serviette. »
Témoignage d’une mère d’élève
Un défi mondial encore loin d’être surmonté
Au Bénin, seuls 16 % des habitants bénéficient d’un service d’assainissement géré en toute sécurité (ONU-Eau, 2024). L’Afrique subsaharienne demeure la région la plus en retard en la matière.
Pour atteindre l’objectif 6 des objectifs de développement durable (ODD 6)– garantir un accès universel à l’eau et à l’assainissement d’ici 2030 –, il faudra accélérer les investissements, renforcer les politiques publiques, et poursuivre les actions menées par les organisations de terrain comme Action Education.













